Convertisseur sans upload : comment le vérifier toi-même
« Sans upload », c'est une phrase que n'importe quel site peut écrire. La différence, c'est que celle-là se contrôle depuis ton propre navigateur, en une trentaine de secondes, sans nous croire sur parole.
Une promesse de confidentialité qu'on ne peut pas contrôler ne vaut pas grand-chose. Celle-ci se contrôle : ton navigateur enregistre déjà tout ce qu'une page envoie et reçoit, et il te laisse le lire. Voici comment t'en servir — chez nous, et surtout chez les autres.
Ce que « sans upload » veut dire, exactement
Un convertisseur classique fonctionne en deux temps : ton fichier part vers un serveur, un programme le transforme là-bas, et tu récupères le résultat. Le mot « upload » désigne le premier temps — la copie de ton document qui quitte ton appareil.
Un convertisseur sans upload supprime purement et simplement ce premier temps. Le programme de conversion, lui, descend jusqu'à toi : c'est du code, il s'exécute dans l'onglet, et ton fichier ne bouge pas. C'est un renversement de sens de circulation, pas une promesse de discrétion.
La conséquence est mesurable, et c'est tout l'intérêt : s'il n'y a pas d'envoi, l'onglet Réseau de ton navigateur ne montrera aucune requête sortante de la taille de ton fichier. Une promesse invérifiable devient un fait observable.
Ouvrir l'onglet Réseau en trente secondes
Sur ordinateur, la touche F12 ouvre les outils de développement dans les principaux navigateurs (Ctrl+Maj+I fonctionne aussi, Cmd+Option+I sur Mac). Choisis ensuite l'onglet Réseau — Network si ton navigateur est en anglais.
Deux réglages rendent la lecture confortable : coche Conserver le journal (Preserve log) pour que rien ne s'efface, et clique sur l'icône d'effacement une fois la page chargée, afin de repartir d'une liste vide. Chaque ligne qui apparaîtra ensuite sera provoquée par ce que tu fais, pas par le chargement initial.
Trois colonnes suffisent : le nom (vers quelle adresse), la méthode (GET pour recevoir, POST ou PUT pour envoyer) et la taille. Cette dernière est la plus parlante de toutes.
Ce que tu dois voir pendant une conversion
Journal vidé, dépose maintenant un fichier et lance la conversion. Sur nos outils d'image et de PDF, il ne se passe rien du tout dans cette liste : aucune ligne ne s'ajoute pendant le traitement, parce qu'il n'y a rien à demander à personne. Le résultat apparaît, la liste reste vide.
Sur un service qui téléverse, tu verras l'inverse, et sans ambiguïté : une requête POST vers une adresse de traitement, dont le volume envoyé correspond à peu près au poids de ton document. Une image de 4 Mo produit une ligne de l'ordre de 4 Mo. C'est un fait, pas une interprétation.
Cette lecture fonctionne partout, sur n'importe quel site. Elle ne demande aucune compétence particulière : tu compares une taille envoyée à la taille du fichier que tu viens de déposer.
Le piège : tout ce qui descend n'est pas un envoi
Il y a un cas où l'onglet Réseau s'agite beaucoup chez nous, et il faut savoir le lire. Notre outil de compression vidéo a besoin d'un moteur de traitement compilé en WebAssembly : au premier usage, ton navigateur le télécharge, et il pèse une trentaine de mégaoctets. La ligne est grosse, elle est impressionnante, et elle est entrante.
La distinction à retenir tient en une phrase : le sens de la flèche. Une requête GET qui rapporte 31 Mo, c'est du code qui vient jusqu'à toi. Une requête POST qui expédie 31 Mo, c'est ta vidéo qui part. Les deux chiffres se ressemblent, les deux gestes n'ont rien à voir.
Les colonnes de taille de ton navigateur distinguent d'ailleurs le volume reçu du volume envoyé — la seconde reste de l'ordre de quelques centaines d'octets sur nos pages, ce qui est la taille normale d'un en-tête de requête.
Tes fichiers d'un côté, la mesure d'audience de l'autre
Nous écrivons « zéro requête contenant tes fichiers », jamais la version absolue « aucune requête du tout » : la nuance est volontaire, et elle est vérifiable elle aussi.
Une page web émet toujours des requêtes — la feuille de style, les polices, les scripts, le logo. Une mesure d'audience en émet également, quand elle est active. La nôtre est auto-hébergée sur zipetto.com et n'est pas encore branchée à ce jour ; le jour où elle le sera, elle apparaîtra sous la forme de petites requêtes vers zipetto.com/matomo/matomo.php, de quelques centaines d'octets, qui ne contiennent ni le nom ni le contenu d'un fichier. Le détail du traitement est écrit dans notre politique de confidentialité, et tu peux t'y opposer.
Un site qui promettrait « aucune requête du tout » serait donc soit dans l'erreur, soit en train de te raconter une histoire. Ce qui compte, ce n'est pas le nombre de lignes dans l'onglet Réseau : c'est leur contenu et leur poids.
Ce que cette vérification ne prouve pas
Autant être honnête sur la portée de l'exercice. L'onglet Réseau te dit ce qui est parti pendant que tu regardais. Il ne te dit pas ce qu'un site fera dans six mois, après une mise à jour de son code. Il ne remplace pas la lecture des mentions légales, ni le fait de savoir qui édite le service.
Un garde-fou complète tout de même l'observation, et il ne dépend pas de ta vigilance : nos pages sont servies avec un en-tête de sécurité qui restreint les destinations autorisées à notre propre domaine. Concrètement, c'est le navigateur lui-même — pas nous — qui refuserait une connexion vers un serveur tiers, même si notre code en tentait une. C'est la directive connect-src citée en sources, et elle est visible dans les en-têtes de réponse de cette page.
Il ne dit rien non plus du fichier lui-même : un document reçu d'un tiers peut contenir du code malveillant, que le traitement soit local ou distant. C'est un risque distinct, que nous détaillons dans les quatre familles de risques d'un convertisseur en ligne.
Ce qu'il prouve, en revanche, il le prouve complètement : à cet instant, sur cette page, ton document est resté chez toi. Pour une pièce d'identité ou un contrat, cette seule certitude change la décision. Si tu veux comprendre par quel mécanisme le navigateur y arrive, on l'a détaillé dans ce qui se passe vraiment pendant un traitement local.
Sources
Questions fréquentes
Faut-il installer quelque chose pour ouvrir l'onglet Réseau ?
Non. Les outils de développement sont livrés avec le navigateur : Chrome, Firefox, Edge et Safari en ont tous un. Sur Safari, il faut d'abord activer le menu Développement dans les réglages avancés.
Peut-on mener ce contrôle depuis un téléphone ?
Les navigateurs mobiles n'exposent pas d'onglet Réseau. La méthode consiste à brancher le téléphone à un ordinateur et à utiliser l'inspection à distance, ce qui reste réservé aux personnes à l'aise avec ces outils. À défaut, refaire la vérification depuis un ordinateur sur le même site donne la même réponse : c'est le code du site qui est en cause, pas l'appareil.
Une requête sortante de quelques centaines d'octets, est-ce inquiétant ?
Non, c'est la taille normale des en-têtes qu'un navigateur joint à toute requête. Un fichier téléversé se voit à un tout autre ordre de grandeur : le poids du document lui-même, souvent des mégaoctets.
Le cadenas HTTPS suffit-il à garantir que mon fichier reste privé ?
Non, et c'est la confusion la plus répandue. HTTPS protège le trajet contre les interceptions, mais le chiffrement s'arrête à l'arrivée : le serveur destinataire, lui, reçoit le document en clair. Un envoi chiffré reste un envoi.
Vos outils fonctionnent-ils sans connexion internet ?
Non. La page et le code de traitement doivent être chargés depuis le réseau à chaque visite : nous n'installons aucun mécanisme de mise en cache hors connexion. Une fois la page ouverte, le traitement lui-même n'a plus besoin du réseau, mais nous ne prétendons pas fonctionner hors ligne.
À toi de jouer
Dépose un fichier, regarde le gain. Il ne partira nulle part.
Convertir une image en ligne Gratuit, sans compte — tes fichiers ne quittent jamais ton appareil.