Confidentialité

Convertir un fichier sans le confier à personne

Téléverser un document, ce n'est pas le montrer : c'est en remettre une copie complète à quelqu'un d'autre, chez lui. Ce déplacement est banal, souvent sans conséquence — et parfois une très mauvaise idée. Voici comment trancher, document par document.

Personne ne réfléchit avant de convertir une photo de chat. Tout le monde devrait réfléchir avant de convertir un bulletin de salaire. Entre les deux, il existe une frontière assez nette, et elle n'a rien à voir avec la qualité du service utilisé.

Remettre une copie, pas montrer un écran

Le geste paraît anodin parce qu'il ressemble à un partage d'écran : je te donne à voir, tu me rends le résultat. Ce n'est pas ce qui se passe. Une copie intégrale et exploitable du document est écrite sur une machine que tu ne contrôles pas, et elle y reste au moins le temps du traitement.

Le vocabulaire du droit des données rend bien ce basculement : celui qui traite un fichier pour le compte d'un autre est un sous-traitant, avec des obligations propres — la définition de la CNIL, citée en sources, le formule précisément. Ce mot dit l'essentiel : tu ne détiens plus le document seul, tu partages sa détention avec une organisation, ses prestataires et leurs procédures.

Rien de tout cela ne suppose une malveillance. C'est le fonctionnement normal d'un service en ligne. Simplement, tu es passé d'une situation où le document ne dépendait que de toi à une situation où il dépend aussi d'engagements que tu ne peux pas vérifier.

La règle de tri, en une question

Inutile de classer les documents par degré de sensibilité, exercice sans fin. Une seule question suffit : si ce document était rendu public demain, est-ce que ça me coûterait quelque chose ? Si la réponse est non, n'importe quel service convenable fera l'affaire. Si la réponse est oui, le document ne sort pas de l'appareil.

Cette question range d'elle-même les cas litigieux. Une capture d'écran de jeu vidéo : non. Un justificatif de domicile qui porte ton adresse et ton nom : oui. Une photo de groupe où figurent des enfants : oui, et pas seulement pour toi.

La liste des « oui » est plus courte qu'on ne le croit, mais elle contient exactement ce qu'on convertit le plus souvent dans l'urgence administrative : pièces d'identité et titres de séjour, avis d'imposition, bulletins de salaire, relevés bancaires, documents médicaux, contrats signés, actes notariés, tout ce qui porte un identifiant administratif.

Le cas des documents qui ne t'appartiennent pas

Il y a une catégorie qu'on oublie systématiquement : les documents qui contiennent les données de quelqu'un d'autre. Un devis client, un dossier scolaire, un compte rendu médical, une liste d'adhérents, une photo de classe.

Pour ceux-là, l'arbitrage ne t'appartient pas entièrement. La personne concernée n'a pas choisi le service, n'a pas lu ses conditions et n'en a pas été informée. Dans un cadre professionnel ou associatif, c'est même une responsabilité formelle qui pèse sur l'organisation, pas un choix de confort individuel.

La règle pratique est simple : les fichiers d'autrui suivent le régime le plus strict, systématiquement. C'est le seul arbitrage qu'on ne peut pas prendre à la place des autres.

Trois façons de s'en passer

Trois voies existent, et elles ne se valent pas selon les situations. La première : les fonctions déjà présentes sur ton appareil. Exporter en PDF depuis un traitement de texte, redimensionner une image avec la visionneuse du système, réduire la définition d'une photo depuis la galerie du téléphone — beaucoup de conversions courantes ne demandent aucun outil supplémentaire.

La deuxième : un logiciel installé, qui travaille sur tes fichiers en local. C'est la solution la plus robuste pour un usage régulier et volumineux, au prix d'une installation et de mises à jour à suivre.

La troisième : un outil web qui traite dans le navigateur, sans téléverser. C'est ce que nous faisons. L'intérêt est de n'avoir rien à installer tout en gardant le fichier sur l'appareil ; la contrepartie est qu'il faut pouvoir le vérifier, ce qui se fait en une trentaine de secondes — la méthode est décrite ici.

Ce que ça donne chez nous

Nos outils n'ont pas de compte, pas d'espace de stockage et pas de serveur de traitement. Ce n'est pas une politique de rétention particulièrement vertueuse : il n'y a rien à conserver, parce que rien n'arrive. Zéro requête contenant tes fichiers, et un résultat que ton navigateur fabrique puis te propose au téléchargement depuis sa propre mémoire.

Deux précisions pour rester exact. Une mesure d'audience peut exister — auto-hébergée, sans nom ni contenu de fichier, et tu peux t'y opposer ; tout est décrit dans notre politique de confidentialité. Et ce fonctionnement ne protège de rien si le document reçu était déjà piégé : c'est un risque distinct, détaillé dans les quatre familles de risques.

Le reste est du domaine de l'usage courant : convertir un HEIC en JPG ou changer le format d'une image se font sans qu'aucun octet du fichier ne quitte l'appareil. Pour les documents PDF, qui posent des questions particulières, nous avons écrit une page à part : une alternative privée aux gros convertisseurs PDF.

Sources

Questions fréquentes

Un service qui annonce supprimer les fichiers après une heure, est-ce suffisant ?

Cela dépend uniquement de la réponse à la question de tri. La suppression annoncée porte sur le fichier de travail ; les journaux techniques et les sauvegardes suivent leurs propres durées. Pour un document dont la divulgation te coûterait quelque chose, une promesse de suppression ne remplace pas l'absence d'envoi.

Le chiffrement de bout en bout existe-t-il pour la conversion de fichiers ?

Pas au sens strict : pour transformer un document, il faut le lire, donc le déchiffrer. Un service peut chiffrer le stockage et le transport, mais le traitement lui-même s'opère sur un contenu en clair. C'est précisément ce que le traitement local évite, en n'ayant jamais à transporter le fichier.

Puis-je convertir des documents professionnels avec vos outils ?

Rien ne s'y oppose techniquement, puisque le fichier ne quitte pas le poste. Dans un cadre professionnel, la décision revient toutefois à la personne responsable des traitements dans l'organisation : nous ne pouvons pas nous prononcer à sa place.

Comment savoir qui édite réellement un service en ligne ?

Par ses mentions légales : une entité identifiable, une adresse, un contact. L'absence de ces éléments n'est pas une preuve de malveillance, mais c'est une raison suffisante de ne pas y déposer un document qui compte.

À toi de jouer

Dépose un fichier, regarde le gain. Il ne partira nulle part.

Convertir une image en ligne Gratuit, sans compte — tes fichiers ne quittent jamais ton appareil.